Education Populaire : on continue chacun dans sa chapelle malgré la situation ?

Une actualité noire…

Nous arrivons à la fin d’un système. Certains parlent d’un ancien monde qu’il faut enterrer. Il semblerait que le cercueil ait suffisamment de place pour le secteur de l’animation et de l’éducation populaire. En effet, les mesures se succèdent et convergent toutes dans le même sens. Cela faisait déjà plus de 10 ans que les subventions aux associations diminuaient continuellement. Le système de mise en concurrence s’est développé pour tous les acteurs. Aujourd’hui, c’est la fin des contrats aidés et le retour de la semaine à 4 jours. Enfin on voit apparaitre un nouveau champ lexical autour du social business dans la Social French Tech. Ce discours n’est pas tenu par le Ministre en charge de la Jeunesse, mais par le ministère de l’économie et le haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire. Ce n’est pas le ministre en charge des questions éducatives qui oriente l’avenir de notre secteur, c’est celui en charge du budget de l’Etat. C’est un indicateur…

Quel est l’horizon ? Il y aura d’un côté les associations qui ne reposeront que sur le bénévoles et de l’autre, celle qui devront vivre exclusivement par l’autofinancement ou le mécénat. Le modèle anglo-saxon est donc en ligne de mire.`

La coopération au sein de l’éduc pop pour de vrai ?

C’est dans ce contexte qu’Arc en ciel Théâtre a souhaité, par le biais de la refondation de sa revue Résonnances, lancer un débat sur l’Education Populaire. Le SEP, membre du comité de rédaction a souhaité s’associer à cette démarche.
Le thème de l’appel à contribution est : « Education Populaire et Educations Populaires. »

Mettons tout à plat. Quand on parle d’Education Populaire, de quoi parle-t-on ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Condorcet ou le maquis ? Les bourses du travail ou les colonies de vacances ? Transformation sociale ou émancipation individuelle ? Autonomie ou coopération ? Négociation, révolution, ou transition ?

Chaque mouvement, chaque courant, chaque « chapelle » peut débattre des heures de qui détient la vérité, « la vraie vérité », celle qui ferait se rallier tous derrière un grand panache blanc, il n’empêche que les différences existent.
Ces différences font-elle de nous des ennemis, qui développons des pratiques et visions peut être éloignées de l’éducation populaire, chacun parfois de notre côté ?

L’éducation populaire mérite un autre combat. Résonnances souhaite poser une question simple à tous les acteurs-auteurs de L’Education Populaire en France aujourd’hui : sommes-nous capable de comprendre, voir, entendre les divergences sans se combattre au risque de faire le jeu du marché, de la concurrence, des appels d’offres et de penser être plus fort que l’autre ?
Avons-nous des points communs fondamentaux et des débats à exposer qui nous rendraient tous plus forts pour remuer la société ?

Résonnances vous invite à vous engager dans ces controverses fertiles, le 3 février 2018 à la Bourse du Travail à Paris.

En ouverture d’un numéro 25 « Education Populaire et Educations Populaires », ouvert à toutes les tendances, à tous les points de vue, comme un panoramique du réel, pour féconder l’avenir.

Nous vous invitons à nous rejoindre dans cette démarche qui pourrait être le premier pas vers une convergence des acteurs de l’Education Populaire mais également de ceux qui font de la transformation sociale au quotidien au sein des mouvements en transition, au sein des mouvements dans le développement de la démocratie ou encore du développement durable et de la protection de la nature. Tous ces acteurs qui, même s’ils ne s’en revendiquent pas, font de l’Education Populaire, et souvent bien plus que d’autres qui s’en revendiquent…


INSCRIPTION pour l’après-midi du 3 février sur la page Facebook de Résonnances : https://www.facebook.com/events/1986057874978019/