Plan Mercredi: Un seul petit pas en avant après trois pas en arrière…

Lundi 25 juin 2018

Mercredi, le Ministre J-M BLANQUER a annoncé la mise en place de son plan mercredi. Ce plan est une réelle déception. Apparaissant davantage comme un outil de com’, la route est encore longue pour aller vers un dispositif emprunt de démarche éducative.

Le SEP-UNSA vous livre ici son analyse et ses propositions.

                    Les invisibles des rythmes…le retour!

En 2013, lors de la mis en œuvre de la réforme des rythmes éducatifs, nous avions alerté le gouvernement sur la nécessité de concertation. Malheureusement, pour ce nouveau Plan Mercredi, l’absence de dialogue social est à nouveau cinglant.

Alors, certes, l’administration centrale nous a reçu. Nous étions dans leur bureau le 15 juin…soit 5 jours avant l’annonce officielle du Plan Mercredi!! Autant dire que lors de cette réunion, nous avons plus eu la primeur du plan qu’un réel échange sur sa déclinaison.

Pourtant, c’est plus d’un million de salariés (animateurs de l’éducation populaire, du secteur socio-culturel et sportif ainsi que les personnels techniques et pédagogiques de jeunesse et sports) qui seront concernés par ce Plan Mercredi. Autant dire qu’il aurait était opportun de se concerter avec les syndicats de salariés sur la mise en œuvre du dispositif!!

            Un recul sur le plan éducatif

Si la réforme avait été accueillis en 2013 comme une réelle avancée éducative, ce Plan Mercredi semble être un bien petit pansement déposé sur la plaie laissée par le saccage de la réforme des rythmes…Alors que la réforme de 2013 permettait la rencontre des différents acteurs éducatifs grâce à des temps transverses, le Plan Mercredi n’aura un impact que sur le “hors temps scolaire”.

Comment impliquer les enseignants sur un temps où ils ne sont pas présent et qui sert déjà à de la formation continue?

Nous ne devons pas idéaliser la réforme de 2013. Elle a connu ses difficultés. Mais la démarche a obligé parents, enseignants, associations, professionnels, Etat et collectivités à dialoguer, construire et partager des temps et des espaces! Avec le mercredi, rien de tout cela n’est garanti…

Mais au delà de la pertinence du mercredi, c’est aussi la déclinaison du plan qui impose un recul éducatif.

1) Un nouvel assouplissement des taux:

Afin de favoriser la création d’accueil collectif de mineurs, le ministère a définit un certain nombre de leviers comme le levier juridique. Le ministre requalifie le mercredi comme un temps périscolaire.

En faisant cela, il modifie le code de l’action sociale et des familles et permets aux organisateurs d’appliquer un taux plus souple. Il permet aussi le développement des dérogations accordées dans le cadre des accueils périscolaires. Ainsi, désormais, les organisateurs bénéficieront tous de taux assouplis pour les mercredis, mais aussi, de taux encore plus souple s’ils ont un PEDT…

Pour le SEP-UNSA, ces assouplissements ont un impact direct sur les conditions de travail des animateurs. Ces professionnels doivent supporter un environnement de travail de plus en plus difficile sans compensation de formation ni de projection positive.

 

2) Un temps du mercredi complexe

Lors de notre entretien avec la Direction de la Jeunesse, de l’Education Populaire et de la Vie Associative (DJEPVA), il nous est clairement apparu que le Plan Mercredi était un simple affichage politique.

Et, comment approcher au mieux la qualité éducative sans qu’il n’y ait une ambition politique?… Par la complexité!

Face à un Plan Mercredi qui s’affichait comme un catalogue d’activité, la DJEPVA a tenté d’inscrire un minimum éducatif au travers du PEDT. Mais la multiplicité des organisation scolaire (semaine à 4 jours ou semaine à 4,5 jours) et les souhaits des Maires de France ont eu vent  la DJEPVA et de ses envies d’harmonisation. Ainsi, il existe pour un même temps éducatif des taux variables. Le PEDT est érigé en plan de politique éducative fédératrice alors que son pilotage n’est même pas définit.

Il semble bien que ce plan mercredi soit un énième dispositif favorisant l’empilement institutionnel.

 

3) une administration hors sol soumise à la politique du chiffre

Le Plan mercredi annoncé le 20 juin 2018, n’est donc qu’un postiche qui vise à donner aux maires de France ce qu’ils ont demandé lors de leur 100ème congrès en novembre 2017 (cf. encadré ci-dessous). Plus de moyens financier avec une PSO bonifiée et plus de souplesse avec de nouveaux taux “défiant toute concurrence” (cf. notre SEP Info).

En contre partie de ces “aménagements”, les collectivités seraient prêtes à ouvrir de nouveaux accueils déclarés.

Or, avec des services de l’Etat exsangue, le ministère n’est plus en capacité d’assurer le suivi et la mise en œuvre de  ses propres politiques. C’est donc au travers de subventions conséquentes que le Ministre, Jean-Michel BLANQUER, a demandé aux têtes de réseaux de l’Education Populaire d’assurer cet accompagnement territorial. Et la boucle est bouclée!… Les collectivités ouvrent des marchés pour le Plan Mercredi et, les fédérations d’Education Populaire, financées par l’Etat pour réguler cette politique publique, répondront elles-mêmes à ces marchés…

 

 

En bref…

  • Avec ce nouveau dispositif, le ministre entérine le recul pris avec la suppression de la semaine à 4,5 jours systématique.
  • Les services de l’Etat, en manque de moyens humains et financiers, ne seront pas en capacité d’assurer un réel suivi de ce dispositif.
  • Il est fort à parier que l’interministérialité souhaitée (Education Nationale/Jeunesse et Sports) n’aboutisse jamais car le mercredi n’est pas un temps partagé.
  • La complexité des taux va augmenter les risques d’erreurs pour le calcul des équipes. Des stratégies d’organisation pourraient se mettre en place pour rester dans les taux les plus favorables (ouverture moins de 4h consécutives et avec un PEDT).
  • C’est encore une fois de plus les enfants et les animateurs qui vont pâtir du manque d’ambition politique du ministre de l’Education Nationale.

 

Extrait du rapport

d’enquête présenté lors du 100ème congrès des Maires de France   – novembre 2017-

  – Le choix du type de semaine scolaire est lié au contexte local et aux ressources disponibles :
La semaine de quatre jours est souvent perçue comme plus adaptée aux classes maternelles, aux contraintes des transports scolaires et du milieu associatif, et plus en cohérence avec l’organisation des écoles privées ;
La semaine de quatre jours et demi offre, outre un rythme plus favorable aux apprentissages, la possibilité aux enfants d’avoir un meilleur accès aux activités culturelles et sportives.

 

 – L’organisation des activités par les collectivités tend à se différencier.
La semaine de quatre jours présente une offre périscolaire davantage organisée en accueil non déclaré et payant, à l’inverse des NAP dont les modalités d’organisation restent stables en 2017/2018. En revanche, la mise en place d’un accueil extrascolaire le mercredi matin reste encore minoritaire (37 %), au regard des contraintes organisationnelles et financières ;

 

– la poursuite des activités est toutefois conditionnée au maintien du financement de l’État.
D’ailleurs, si le fonds de soutien devait être supprimé, 91 % des collectivités envisageraient le retour aux quatre jours. En outre, une petite majorité de communes ayant fait le choix de la semaine de quatre jours souhaiterait être éligible au fonds de soutien afin de développer l’offre d’activités le mercredi.

Dans le contexte de la souplesse offerte par le décret du 27 juin 2017 autorisant le retour à une semaine de quatre jours, les élus locaux demandent :

  • une évaluation conjointe des incidences des différents types de semaine scolaire, pour plus de stabilité,

  • la pérennité du fonds de soutien et des normes d’encadrement allégées pour les collectivités désireuses de maintenir la semaine de quatre jours et demi,

  • un accompagnement financier de l’État et des modalités d’organisation plus souples pour les collectivités souhaitant organiser un accueil le mercredi.

             Les propositions du SEP-UNSA

  1. Préciser un temps institutionnel, 1 heure hebdomadaire repérée comme telle, à disposition des acteurs de terrain; enseignants, animateurs (territoriaux et associatifs), associations, afin de se rencontrer, se connaître, se reconnaître. Ensemble, ils construiront la continuité éducative dans le respect de leurs métiers et missions. Cette réforme ne peut se mettre en place en comptant uniquement sur la bonne volonté des acteurs et leur engagement personnel sans leur donner du temps professionnellement pour avancer.
  2. Lancer un groupe de travail/réflexion/proposition immédiatement sur la professionnalisation des animateurs et sortir de la seule logique BAFA/BAFD comme horizon. Ces diplômes de l’animation volontaire ne peuvent être pensés que comme des étapes vers des diplômes professionnels. Nous l’avons vu en 2013-2014, si la déclaration tend à se généraliser, alors il sera nécessaire de former de nouveaux animateurs. La formation doit partir de l’existant et des acteurs repérés. Le parcours de professionnalisation qualifiant doit être reconnus dans la réglementation (inscrit dans le Code de l’Action Sociale et des Familles) et être transverse: il réunira les CNFPT, les ESPE, les associations d’éducation populaire et les services déconcentrés du Ministère en charge de la Jeunesse et de l’Education Populaire. Il y a urgence à construire cette culture commune, et cette reconnaissance mutuelle qui permettra d’avancer dans la co-éducation et la continuité éducative.

       Une réforme des rythmes ambitieuse passera par une nouvelle         politique de formation du secteur de l’animation :

  • par la professionnalisation des animateurs (libération des crédits de formation OPCA sur les contrats d’avenir, négociation avec les Conseil régionaux et nouveau souffle au CNFPT pour les animateurs territoriaux),
  • par des temps conjoints de formation initiale à tous les acteurs éducatifs avec les modules suivants : pédagogie, déontologie de l’acte éducatif, connaissance des publics, connaissance des institutions éducatives,
  • par un volet formation continue conjointe aux acteurs éducatifs (diagnostic partagé, analyse de pratique, bilan partagé, etc.) et élus locaux dans le cadre des PEDT.

       Des postes de CEPJ pourraient être fléchés en ESPE et/ou en           CREPS pour travailler sur ces rapprochements.

  1.  Le Projet Educatif Territorial (PEDT) est destiné à jouer un rôle pivot entre l’École et les autres partenaires éducatifs. Pour ne pas faire courir de risques liés à une « territorialisation » du mercredi, pour ne pas consacrer une rupture pédagogique en réservant les activités artistiques, d’éducation physique ou dites d’éveil au « périscolaire », le PEDT doit se définir avec d’autres garanties que celles aujourd’hui prévues. Il doit apporter des garanties de qualité éducative et ne pas contribuer à creuser des inégalités territoriales.

Le PEDT doit garantir :

  • une approche de l’éducation à la citoyenneté accompagnée de garanties de laïcité ;
  • un moyen pour construire, sur tous les territoires, un projet et des objectifs d’éducation globaux et partagés, concertés avec les équipes enseignantes et les conseils d’école ;
  • un espace d’échange et de dialogue inscrit dans une loi cadre sur l’Education Populaire qui permette de rassembler, en précisant leurs rôles et prérogatives, tous les partenaires éducatifs. L’Éducation nationale, les services Jeunesse et Sports, et les municipalités – en responsabilité de la politique publique – devront en particulier assurer la pleine participation des associations (parents, secteur socio-éducatif, sportif, culturel…) et des professionnels de l’animation ;
  • une mise en œuvre éducative basée sur un diagnostic partagé qui articule les différentes activités d’éducation formelle, non formelle et informelle sur tous les temps de la vie de l’enfant, intégrant des phases d’évaluations et d’expertises d’usages donnant place à la parole des enfants ;
  • un instrument de formation continue des acteurs éducatifs et des élus locaux pour un meilleur exercice de la démocratie locale ;

Nous appelons les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs de l’éducation à se saisir dès maintenant des PEDT et à construire des projets ambitieux permettant une activité périscolaire de qualité pour la réussite et le développement de tous les enfants. Le périscolaire ne se limite pas au mercredi et le PEDT doit prendre en compte tout les temps périscolaire de la semaine! C’est donc tout au long de la semaine que nous avons besoin de professionnels! Le PEDT doit donner les garanties du maintien et l’amélioration de l’emploi des animateurs et leur dé-précarisation.

  1. Requalifier le secteur de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Culture comme un Service d’Intérêt Economique Général (SIEG).

Par un acte de mandatement, dans le cadre d’une loi cadre sur l’Education Populaire, le gouvernement peut requalifier ce secteur comme d’intérêt général. Cet acte politique fort permettra de stopper la logique de l’appel d’offre comme seul mode de financement. Il affirmerait qu’on ne doit pas faire de bénéfice sur l’acte éducatif.

En attendant un engagement fort de la part de l’Etat, chaque collectivité peut contractualiser ce type d’engagement réciproque avec leurs associations locales. Ceci permettrait de garantir un financement pérenne et une stabilité dans la gestion des équipes.

 

Entretien avec  Romain TRIAU lanceur de la pétition : “Plan Mercredi” – Non à l’assouplissement des taux d’encadrement !

Romain Triau est animateur à la ville d’Angers. Concerné par les nouvelles dispositions pour le temps du mercredi c’est en tant que citoyen qu’il a décidé d’interpeller le ministre de l’Education, Jean-Michel BLANQUER. Son syndicat, le SEP-UNSA l’interroge.

SEP-UNSA: Bonjour Romain. Alors que tu es syndiqué au SEP-UNSA, tu as choisi d’avoir une parole citoyenne, détachée de toute marque syndicale. Pourquoi?

Romain: Je suis un animateur dans l’âme même si je suis aujourd’hui responsable périscolaire et extrascolaire dans une école d’Angers! Alors, effectivement j’ai réagi de manière spontanée car, à la lecture des propos de Mr Blanquer, j’ai été porté par une sorte d’urgence personnelle. Encore une fois, une fois de trop, les décideurs politiques prônent l’intérêt des enfants pour proposer des réformes sans ambition éducative, destinées à s’auto-satisfaire.
Même si j’ai réalisé de suite qu’il aurait été intéressant et logique de solliciter mon syndicat (le SEP-UNSA) ou l’association d’animateur Réanim (chez qui je suis bénévole) pour avancer collectivement, ma réaction a été celle d’une personne qui en a marre des demi-mesures prises pour les enfants.

SEP-UNSA: Le ministère affiche une ambition éducative au travers de ce Plan Mercredi. L’ambition est-elle atteinte?

Romain: Je suis d’accord que favoriser la cohérence et la coopération éducative est essentiel. C’est pourquoi je pense que la mise en place des PEDT est une réelle avancée dans la co-éducation.
Mais l’ambition éducative d’un tel plan n’est qu’un leurre. Penser à des contenus d’activité éducative n’a aucun sens si les moyens mis en œuvre ne sont pas  en adéquation avec l’ambition.

SEP-UNSA: Selon toi, quels sont les éléments les plus problématiques?

Romain: Le principal problème est de le prendre à l’envers. Sous prétexte d’aider les organisateurs à mettre en place des accueils éducatifs, nous les aidons à réduire les moyens humains. Cette logique économico-financière est complètement hors sujet.
Chaque citoyen sensé peut comprendre qu’en baissant le nombre d’encadrants (ici des animateurs), il y aura forcément un impact sur la qualité éducative d’un accueil de loisirs par exemple.
Pour une action éducative de qualité, même dans le cadre d’un accueil collectif de mineurs, nous nous devons d’individualiser nos interventions afin de répondre aux besoins spécifiques à chaque enfant. Actuellement, c’est tout simplement impossible.
Les enfants subissent alors qu’ils devraient profiter d’une réelle volonté de les aider à grandir dans cette société si complexe.

SEP-UNSA: Comment les professionnels réagissent-ils autour de toi face à ce nouveau plan?

Romain: Les animateurs ont serré les dents lors des premiers assouplissements des taux d’encadrement (déclaration d’accueil périscolaire puis réforme des rythmes), s’indignant d’une perte de potentiel éducatif auprès des enfants. Cependant, cela permettait à des garderies de se transformer en accueil de loisirs, et donc, de gagner des heures de travail… Je pense que c’est la raison pour laquelle les animateurs ne se sont pas mobilisés à l’époque.

Le “plan mercredi” n’est pas une actualité médiatisée. Aucun de mes collègues n’en ont entendu parler avant que je leur en parle.
Pour la plupart, il sont médusés et ne sentent absolument pas considérés. Certains aimeraient voir notre cher ministre tenter de favoriser le vivre ensemble ou la citoyenneté avec un groupe de 18 enfants…

Ma pétition a circulé sur les groupe facebook dédiés à l’animation. Elle a permis de nombreux commentaires tous allant dans le sens d’un retour à 1 pour 8 enfants (-6ans) et 1 pour 12 enfants (+6ans). Beaucoup de colère et d’incompréhension sont ressorties en comparant nos missions à celle de bergers d’enfants ou en rappelant que notre première missions est la sécurité physiques, morale et affective des enfants…

SEP-UNSA: Selon le ministère, ce Plan Mercredi va favoriser le développement d’Accueils Collectifs de Mineurs déclarés et donc, le recrutement d’animateurs. Qu’en penses-tu?

Romain: Encore un leurre. Ce n’est pas le Plan Mercredi ou les PEDT qui vont favoriser les ACM déclarés. Les collectivités, accompagnées par leurs concitoyens, comprennent tout l’intérêt d’une telle déclaration, non seulement en terme de sécurité mais également en terme éducatif.
Personne n’a attendu le Plan Mercredi ni même les PEDT pour déclarer les centres de loisirs du mercredi.

SEP-UNSA: Avez-vous déjà réfléchit à la mise en œuvre de ce Plan Mercredi au sein de ta commune?

Romain: A Angers, nous ne sommes que peu impacté. En effet, les temps d’activités périscolaires ont été plébiscité par les familles lors d’un sondage réalisé l’année dernière. Nous restons donc sur le même rythme scolaire encore pendant 3 ans.
Par contre, il est vrai que les écoles privées de la communes basculent à la semaine de 4 jours. Le mercredi, les enfants de ces écoles seront donc accueillis en accueil à la journée tandis que les enfants des écoles publiques ne le seront que l’après-midi.

Le Plan Mercredi ne nous a pas été communiqué par notre service et je ne sais pas actuellement si il y aura des conséquences spécifiques à ce plan.

SEP-UNSA: Quelles préconisations donnerais-tu pour que ce Plan se décline au mieux dans le respect de ses ambitions éducatives?

Romain: Si l’ambition est réellement éducative, je ne comprends pas que l’on puisse penser à y réduire l’encadrement. Car aujourd’hui, on récompense les organisateurs en leur permettant de moins embaucher. Une aberration.
Pour donner du sens à cette ambition, l’état doit aider les organisateurs à embaucher des animateurs, et non l’inverse !

De plus, la professionnalisation du secteur est un enjeu majeur qui devrait être au cœur des préoccupations.

SEP-UNSA: Le ministre regrette le classement de la France suite aux enquêtes PISA. Penses-tu que ce dispositif favorise le développement d’un système éducatif de qualité? Les relations écoles/associations scolaire/péri ou extra-scolaire seront elles renforcées?

Romain: Si je ne me trompe pas, le système d’évaluation PISA concerne les acquisitions en terme de lecture, de calcul et de science. Pour moi, c’est clairement le rôle des enseignants. C’est là que nos objectifs diffèrent. Là où l’éducation nationale doit permettre l’instruction, le secteur de l’animation travaille quant à lui dans un objectif plutôt social en tentant de développer des compétences qui serviront aux enfants à trouver leur place au sein de cette société. Il est essentiel de travailler en coopération afin de permettre aux enfants de se sentir bien à chaque moment de prise en charge. Leurs apprentissages en seront renforcés. Dans l’état, le plan mercredi ne me parait pas être une solution concrète, au contraire même si l’on considère que les enfants ont, parfois, besoin d’être accompagné de manière moins collective…