Trois raisons pour lesquelles Syndicat de l’Éducation Populaire(SEPUNSA) alerte contre la stratosphère « masculiniste »aujourd’hui :
- Parce que le masculinisme est un contre-projet éducatif qui s’oppose frontalement aux valeurs de l’éducation populaire :
La stratosphère « masculiniste » diffuse sur le net, une vision du monde fondée sur :
- la hiérarchisation des sexes
- la naturalisation des inégalités
- la remise en cause des droits des femmes et des minorités de genre
- une hostilité assumée envers l’émancipation
- le féminisme
- la pensée critique
Ces discours entrent en contradiction directe avec les principes fondamentaux de l’éducation populaire : égalité, émancipation, esprit critique, citoyenneté, solidarité et justice sociale.
Les acteurs du champ de l’éducation populaire doivent donc se saisir de ce phénomène, sensibiliser, former afin d’agir et de lutter contre cette idéologie réactionnaire et rétrograde.
- Parce que les publics de l’éducation populaire sont directement exposés et vulnérables à ces discours sur les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux constituent aujourd’hui un espace central de socialisation, en particulier pour les adolescent·es, les jeunes adultes, les publics en situation de fragilité sociale ou identitaire.
La stratosphère « masculiniste » utilise des stratégies bien identifiées : rhétorique pseudo-scientifique, discours de victimisation des hommes, promesses de réussite individuelle et de domination sociale et radicalisation progressive via des algorithmes.
Ces contenus peuvent nourrir :
- le sexisme et les violences de genre
- le rejet des femmes dans les espaces éducatifs et militants
- la défiance envers les institutions éducatives, syndicales et associatives
Le SEP-UNSA représentant les acteurs de l’Education populaire, a donc un rôle d’information, de prévention et d’accompagnement.
Face aux dérives complotistes et aux discours de haine, il peut contribuer à former, outiller, déconstruire et accompagner les animateurs et les animatrices au quotidien.
- Parce que le « masculinisme » constitue une menace pour le vivre-ensemble, le travail collectif et les conditions de travail
Dans les structures, mouvements et associations de l’éducation populaire (centres sociaux, MJC, Tiers lieux, accueils périscolaires…), la diffusion de ces idéologies peut entraîner : de graves tensions entre professionnels, la remise en cause de l’égalité femmes-hommes au travail, une banalisation des propos sexistes ou discriminatoires ou une fragilisation des équipes majoritairement féminisées.
Le « masculinisme » n’est pas seulement un phénomène idéologique : il a des effets concrets sur les collectifs de travail, la santé mentale, le climat professionnel et la capacité à agir ensemble.
Le rôle d’un syndicat est aussi de protéger les personnes, de garantir un cadre de travail respectueux et de s’opposer aux idéologies qui légitiment les dominations.
S’engager contre la stratosphère « masculiniste » avec le SEP UNSA, ce n’est donc pas mener un combat périphérique ou idéologique : c’est défendre l’éducation populaire, protéger les publics et les professionnel·les, et affirmer un projet de société fondé sur l’égalité et l’émancipation.

Plus d’informations ?
- Ecouter l’Audition par la délégation aux Droits des femmes et à l’égalité du CESE de Cécile Simmons
- Lire l’article du Centre Henri Aigueperse UNSA EDUCATION :